Il suffit parfois d’une couverture pour nous convaincre d’ouvrir un livre. Et avec Euphoria de Léa Némézia, je crois que le vert a fait une bonne partie du travail. Cette couverture ! J’avais également aperçu plusieurs avis positifs et pris le temps de découvrir les tropes. Autant dire que je savais déjà que cette histoire avait de grandes chances de me plaire. Troisième tome de la saga Royal Thorns, je l’attendais notamment pour découvrir l’histoire de Harry et Victoria, dont j’avais déjà eu un aperçu dans les précédents volumes. Et je peux dire que mes attentes ont été comblées !
Même si je dois reconnaître que Nostalgia reste, pour le moment, indétrônable dans mon classement, Euphoria a su trouver sa place. J’ai immédiatement accroché à l’histoire et me suis laissée embarquer sans difficulté. La lecture s’est faite rapidement, sans longueur ni passage qui m’ait donné l’impression de stagner. J’avais constamment envie de tourner les pages pour découvrir la suite, et c’est exactement ce que j’attends d’une lecture dans laquelle je m’investis.
Dans ce troisième tome, nous retrouvons Harry Woods, meilleur ami d’Alexander White, et Victoria White, sa sœur jumelle. Tous les deux portent des blessures qui ont profondément bouleversé leur existence, mais ils ne les affrontent pas de la même manière. Après le drame qu’il a vécu, Harry s’est renfermé sur lui-même. Il cherche désormais à retrouver des sensations fortes et de l’adrénaline, comme s’il avait besoin de fuir ses propres pensées. Mais il ne se contente pas de cela : il décide également de mener ses propres recherches afin de comprendre ce qui s’est réellement passé. À ses yeux, la version des événements qui lui a été présentée ne tient pas debout. J’ai beaucoup aimé suivre cette enquête, découvrir ses recherches et avancer à ses côtés dans ses interrogations. Cette partie apporte un intérêt supplémentaire à l’intrigue et permet de ne pas réduire l’histoire à sa seule romance.
De son côté, Victoria tente de reprendre le cours de son existence après trois années passées en hôpital psychiatrique. Désormais libre, elle intègre l’université d’Oxford en première année, mais retrouver une vie normale est loin d’être évident. Elle doit réapprendre à vivre, à prendre ses propres décisions et à comprendre ce que signifie réellement cette liberté qu’elle retrouve enfin. J’ai adoré ce personnage. Son parcours m’a particulièrement touchée, notamment parce qu’on la découvre parfois perdue, incapable de savoir comment retrouver ses repères après tout ce qu’elle a traversé. Sa reconstruction est progressive et crédible, sans donner l’impression que tout pourrait simplement disparaître du jour au lendemain. J’ai eu envie de la voir avancer et profiter enfin de la vie tout au long du roman.
C’est justement dans leurs difficultés respectives que Harry et Victoria vont progressivement trouver leur place l’un auprès de l’autre. Leur relation est, sans surprise, l’un des éléments que j’ai le plus appréciés. J’avais imaginé une dynamique particulière entre eux avant même de commencer ma lecture, et j’ai eu le plaisir de retrouver exactement ce que j’espérais. Ils sont tous les deux profondément marqués par leur passé, mais ils ne se contentent pas de partager leurs blessures : ils apprennent aussi à s’aider mutuellement. Harry accompagne Victoria dans son retour à la vie, l’encourage à profiter de ce qui l’entoure et à retrouver le goût des choses simples. De son côté, elle lui apporte également quelque chose dont il a besoin, même si son propre chemin reste compliqué.
J’ai trouvé leur rapprochement touchant et crédible. Leur relation ne se construit pas du jour au lendemain : elle évolue progressivement, au fil de leurs échanges et de la confiance qu’ils apprennent à s’accorder. J’ai particulièrement aimé cette manière qu’ils ont de se rapprocher malgré leurs différences et leurs difficultés. La citation qui les décrit comme « la glace et le feu » résume d’ailleurs très bien cette opposition apparente, qui laisse peu à peu place à une compréhension plus profonde. Et comment ne pas mentionner cette scène dans la chambre de Harry, lorsqu’ils regardent Raiponce ? C’est typiquement le genre de petit moment que j’aime retrouver dans une romance. Pas besoin d’un événement extraordinaire pour rendre une scène attachante : parfois, ce sont justement ces instants simples qui donnent envie de rester auprès des personnages.
La romance occupe naturellement le devant de la scène, mais l’enquête menée par Harry apporte un autre fil conducteur à l’histoire. J’avais personnellement deviné les différents retournements de situation, ou du moins la plupart d’entre eux, mais cela ne m’a pas empêchée d’apprécier leur découverte. Même lorsque l’on commence à comprendre où l’autrice souhaite nous emmener, le plaisir vient aussi de la manière dont elle construit son récit et nous conduit jusqu’aux révélations. J’ai trouvé l’ensemble cohérent et bien équilibré, avec une intrigue secondaire qui accompagne la relation sans lui voler sa place.
Concernant la plume de Léa Némézia, je l’ai une nouvelle fois beaucoup appréciée. Elle est fluide, travaillée sans devenir trop complexe, poétique et surtout immersive. C’est une écriture qui permet de se laisser porter par l’histoire sans avoir à faire d’effort particulier pour avancer. Une fois plongée dans le roman, difficile d’avoir envie de le quitter ! J’aime également retrouver cette sensibilité dans ses textes, notamment à travers certaines phrases qui restent en tête. L’une d’elles évoque l’amour comme un cycle qui évolue et se transforme sans jamais réellement disparaître. Une réflexion qui accompagne particulièrement bien les relations et les blessures abordées dans le roman.
L’ambiance participe elle aussi beaucoup au plaisir de lecture. Je l’ai trouvée sombre et mélancolique, avec une douceur qui ressort notamment des moments partagés entre Harry et Victoria. Il y a également une part de mystère qui accompagne l’enquête et donne envie de poursuivre les recherches avec Harry. C’est une atmosphère que j’ai appréciée et qui, même après avoir terminé le livre, continue de me revenir lorsque je repense à certaines scènes.
J’ai aussi été ravie de retrouver les personnages des tomes précédents. Puisque Royal Thorns suit une continuité, je trouve vraiment important de lire les volumes dans l’ordre. Ce ne sont pas simplement des histoires indépendantes réunies sous un même nom : les événements et les personnages se croisent, et le deuxième tome permet notamment de mieux découvrir Victoria avant de retrouver toute son histoire dans Euphoria. J’ai également apprécié les apparitions de Sienna, qui sera au centre du quatrième tome, Nirvana. Autant dire que cette lecture m’a donné encore plus envie de découvrir la suite !
Finalement, Euphoria est une très belle lecture, qui m’a apporté exactement ce que j’en attendais. J’ai particulièrement aimé le développement de la relation entre Harry et Victoria, leur psychologie, ainsi que l’enquête qui accompagne leur histoire. Je ne le placerai pas au-dessus de Nostalgia, qui conserve largement sa place de favori, mais cela ne m’empêche absolument pas d’avoir passé un excellent moment. Je ne suis pas forcément du genre à relire mes livres, surtout lorsque je me souviens encore des événements importants, mais celui-ci ferait partie de ceux que je pourrais retrouver avec plaisir si ma mémoire me faisait défaut. Et maintenant, je n’ai qu’une envie : découvrir Nirvana !
Cet article contient des liens d’affiliation. Ils me permettent de soutenir Murmures littéraires sans frais supplémentaires pour vous. Bien sûr, n’hésitez pas à privilégier votre librairie indépendante préférée si vous le pouvez.
→ Tome 1 : Insomnia
→ Tome 2 : Nostalgia
→ Tome 3 : Euphoria (ici)
→ Tome 4 : Nirvana (à paraître)
2 commentaires sur “Euphoria”