On dit souvent qu’il ne faut pas juger un livre à sa couverture. C’est une jolie expression, surtout lorsqu’on parle de littérature, mais soyons honnêtes : qui n’a jamais été attiré par un livre simplement parce que sa couverture était magnifique ?
Avant même de lire le résumé, de connaître l’auteur ou de savoir de quoi parle l’histoire, on remarque souvent la couverture. Les couleurs, la typographie, les illustrations, les petits détails… Tout peut donner envie de prendre le livre entre ses mains. Et parfois, soyons honnêtes, on a déjà décidé qu’il était magnifique avant même d’avoir lu le titre.
Alors, est-ce vraiment une mauvaise chose de se laisser influencer par une couverture ?
★ La première impression compte
Une couverture est souvent la première chose que l’on découvre d’un livre. En librairie, elle peut être ce qui nous fait nous arrêter devant une étagère plutôt qu’une autre.
On peut être attiré par une couverture sombre, par des couleurs automnales, par quelque chose de très minimaliste ou, au contraire, par une illustration qui attire immédiatement l’œil.
Et même lorsqu’on essaie de ne pas se laisser influencer, il faut bien reconnaître qu’une jolie couverture donne envie d’en savoir plus. Il suffit parfois d’un joli doré, d’une tranche magnifique ou de quelques arabesques pour que notre cerveau décide très sérieusement que nous avons besoin de ce livre.
Elle ne nous dit pas forcément si le livre sera bon, mais elle peut nous donner envie de découvrir ce qu’il cache.
★ Une belle couverture ne garantit pas une bonne histoire
Évidemment, c’est là que les choses se compliquent.
Un livre peut avoir une couverture absolument magnifique et ne pas du tout correspondre à nos goûts. On peut adorer son esthétique, l’avoir admiré plusieurs fois en librairie et finalement ne pas accrocher à l’histoire.
C’est un peu le fameux : « Je l’ai acheté pour la couverture, maintenant il faut espérer que l’histoire suive. »
À l’inverse, un livre dont la couverture ne nous aurait jamais attirés peut devenir une excellente surprise.
C’est probablement pour cette raison qu’il vaut mieux considérer la couverture comme une invitation plutôt que comme une promesse.
Elle peut nous donner envie d’ouvrir le livre, mais ce sont les pages qui doivent ensuite réussir à nous retenir.
★ Et parfois, la couverture raconte déjà quelque chose
J’aime particulièrement lorsque la couverture n’est pas seulement jolie, mais qu’elle semble réellement avoir été pensée pour l’histoire.
Un détail qui prend tout son sens après avoir terminé le roman, une couleur qui correspond à l’ambiance, un élément qui représente un personnage ou un événement important…
Dans ces cas-là, la couverture devient presque une première pièce du puzzle.
Et je trouve ça encore plus intéressant lorsqu’on ne comprend sa signification qu’après avoir terminé le livre. Sur le moment, on regarde juste la couverture en se disant qu’elle est jolie. Puis, après avoir terminé le roman, on la regarde à nouveau avec l’impression d’avoir découvert un petit secret.
On peut alors la regarder différemment et se rendre compte que certains détails étaient là depuis le début. Et évidemment, c’est à ce moment-là qu’on se demande pourquoi on n’avait absolument rien remarqué.
★ Les tendances jouent aussi leur rôle
Il est difficile de parler des couvertures sans parler des tendances.
Certaines époques ont leurs propres codes. Certaines maisons d’édition ont aussi une identité visuelle très reconnaissable, et il suffit parfois de voir une couverture pour savoir immédiatement à quel genre elle appartient.
Les romances, par exemple, peuvent avoir des codes très différents des thrillers ou de la fantasy. Certaines couvertures donnent immédiatement une impression de douceur, d’autres quelque chose de plus sombre ou de mystérieux.
Et forcément, lorsque l’on commence à connaître ces codes, on peut parfois deviner le genre d’un livre avant même d’avoir lu son résumé. Parfois, on a même l’impression que la couverture nous crie : « Oui, toi. Tu vas probablement aimer ce livre. »
Et le pire, c’est qu’on l’écoute.
★ Alors, est-ce que je juge vraiment un livre à sa couverture ?
Je dirais plutôt que je peux avoir envie de découvrir un livre grâce à sa couverture.
La nuance est importante.
Une couverture peut attirer mon regard et me donner envie de prendre un livre. Elle peut même être la raison pour laquelle je vais lire son résumé. Mais elle ne suffira pas à me convaincre de le lire.
Il faudra ensuite que l’histoire m’intéresse, que le résumé me donne envie et, idéalement, que le livre corresponde à ce que je recherche à ce moment-là.
Parce qu’au fond, une couverture peut être la porte d’entrée vers une histoire, mais elle ne peut pas raconter à elle seule tout ce qui se trouve derrière. Même si, parfois, elle essaie très fort de nous convaincre avec trois couleurs, une jolie police et une silhouette mystérieuse.
★ Finalement, je crois qu’on peut quand même se laisser tenter
Alors non, je ne pense pas qu’il soit forcément mauvais de juger un livre à sa couverture.
Après tout, les livres sont aussi des objets que l’on aime regarder, collectionner et avoir dans sa bibliothèque. Une belle couverture peut faire partie du plaisir de posséder un livre.
Le tout est simplement de ne pas s’arrêter là.
Parce qu’un livre qui ne nous aurait jamais attirés au premier regard peut parfois devenir celui que l’on n’oubliera jamais. Et inversement, celui qu’on avait repéré uniquement parce qu’il était magnifique peut parfois nous laisser en train de regarder la couverture en nous demandant ce qui nous était passé par la tête.
Et peut-être que c’est justement ça qui est intéressant avec les livres : on ne sait jamais vraiment ce qui nous attend derrière une couverture.