Une idée de roman ne naît pas forcément avec une grande illumination, une musique dramatique en fond et une autrice qui se lève soudainement en criant : « J’AI MON HISTOIRE ! »
Pour Dangerous Love, ça a été beaucoup moins spectaculaire.
L’idée est revenue plusieurs fois dans ma tête. Le soir avant de dormir, pendant mes temps libres… Elle revenait, encore et encore, jusqu’à ce qu’elle finisse par devenir suffisamment présente pour que je me dise qu’il fallait peut-être en faire quelque chose.
Et finalement, pourquoi pas écrire ce livre que j’avais déjà commencé à imaginer dans ma tête ?
Parce que oui, avant même d’écrire Dangerous Love, j’avais déjà quelques idées de ce que je pourrais faire si, un jour, j’écrivais un roman. Je n’avais pas forcément tout imaginé dans les moindres détails, mais j’avais déjà une base.
Il ne restait donc plus qu’à compléter.
Enfin… « plus qu’à ».
Comme si inventer une histoire entière était aussi simple que de remplir deux cases manquantes sur une fiche.
Au départ, Dangerous Love devait être une romance psychologique avec une légère touche de dark romance. C’est d’ailleurs cette idée qui a donné naissance aux premiers chapitres du roman.
Et contrairement à ce qu’on pourrait penser, je n’ai pas supprimé ces chapitres lorsque mon idée a changé.
Parce que vers le début ou le milieu de l’écriture, j’ai finalement réalisé que je ne voulais plus faire exactement cette histoire-là.
J’avais envie d’autre chose.
Le roman est donc progressivement devenu beaucoup plus centré sur le suspense et l’enquête, alors qu’au départ, l’histoire devait principalement tourner autour du mariage arrangé.
Mais le plus intéressant, c’est que tout ce qui avait été écrit au début pouvait quand même rester.
Je n’ai rien supprimé.
À la place, les derniers chapitres permettent à mes personnages d’expliquer certaines choses qui s’étaient produites au début de l’histoire : pourquoi ils étaient comme ça, pourquoi ils avaient fait certaines actions, pourquoi certaines situations avaient eu lieu…
Et finalement, tout s’est assez naturellement fondu dans l’histoire.
Ce que j’avais écrit avant de changer de direction avait donc encore une raison d’être.
Et quelque part, j’aime beaucoup cette idée.
Parce qu’en écrivant, on peut parfois changer de direction sans forcément avoir besoin de jeter tout ce qu’on a déjà construit.
Pour les personnages principaux, en revanche, il n’y a pas vraiment eu de grande découverte en cours de route, car Rosalya et Aydin existaient déjà dans ma tête.
Et leur fin aussi.
Oui, dès le départ.
Je savais déjà où ils allaient arriver, même si tout ce qui allait se passer entre le début et cette fin restait à construire.
Et puis il y avait évidemment l’univers.
Depuis petite, j’aime les films et les séries d’action et de suspense. Des séries comme NCIS ou Cold Case : Affaires classées, que ma grand-mère regardait le soir, et donc moi avec, ont notamment fait partie de cet univers que j’ai connu très tôt.
J’ai donc toujours aimé cette idée de chercher des réponses, de suivre une enquête, d’essayer de comprendre ce qui s’est passé.
Forcément, lorsque j’ai commencé à imaginer mon propre roman, j’ai eu envie de garder cette dimension.
Mais je ne voulais pas simplement reprendre l’ambiance d’une série policière.
Je voulais quelque chose de plus sombre.
Et c’est là qu’est arrivée la mafia.
L’idée était de créer un univers sombre, mais situé au XXIe siècle.
Je trouvais intéressant de mélanger quelque chose d’assez sombre avec une époque contemporaine, plutôt que de partir dans un univers complètement éloigné du nôtre.
Au départ, le mariage arrangé devait donc être au cœur de l’histoire.
C’était principalement autour de ça que le roman devait tourner.
Mais finalement, le suspense a pris de plus en plus de place.
Et quand j’y repense, je trouve assez drôle que l’histoire soit devenue quelque chose d’un peu différent de ce que j’avais prévu alors que, paradoxalement, tout était déjà prévu.
Les événements importants étaient là.
La fin était là.
Les personnages étaient là.
Les éléments de l’intrigue étaient là.
Il ne manquait finalement qu’une chose : décider de la manière dont tout allait être raconté.
Bon… et choisir qui allait être mes cibles.
Parce que certains destins de personnages ont quand même été décidés pendant l’écriture.
Et uniquement parce que je n’avais pas encore choisi mes cibles.
Mouhahaha.
Il faut bien que quelqu’un souffre dans un roman, sinon ce n’est pas drôle.
Et puis il y avait le titre.
À l’origine, mon roman s’appelait tout simplement « Amour Dangereux ».
Mais j’ai finalement préféré le traduire en anglais.
Et Dangerous Love est resté.
Je trouve que ce titre correspond plutôt bien à ce que je voulais raconter : une histoire où l’amour n’est pas forcément quelque chose de simple, de doux et de parfaitement sécurisé.
Surtout avec tout ce qui gravite autour.
Finalement, Dangerous Love est donc né d’un mélange de plusieurs choses que j’aimais déjà : les histoires d’action et de suspense, les romances, les univers sombres, les intrigues où l’on cherche à comprendre la vérité…
Et surtout, de toutes ces idées qui revenaient régulièrement dans ma tête jusqu’à ce que je finisse par leur donner une forme.
Je ne savais pas exactement à quoi le roman allait ressembler lorsque j’ai commencé.
Enfin… je savais beaucoup de choses.
Mais pas forcément comment j’allais les raconter.
Et c’est probablement ça qui me plaît le plus dans cette histoire : elle a évolué pendant que je l’écrivais, sans pour autant perdre ce que j’avais imaginé au départ.
Elle a simplement pris une autre direction.
Une direction un peu plus dangereuse.
Évidemment.
C’était presque obligatoire avec un titre pareil.