Mille baisers pour un garçon de Tillie Cole est probablement l’une de mes plus grosses déceptions. On me l’avait vendu pendant des mois comme LE roman bouleversant, celui qui fait pleurer tout le monde, qui marque durablement et qui touche même les lecteurs les moins insensibles. Malheureusement, je suis complètement passée à côté.
Dès le début, je n’ai pas réussi à croire à l’histoire. On suit deux enfants qui se rencontrent très jeunes, tombent amoureux dès l’école primaire, sont voisins, voient leurs familles devenir très proches et se promettent de s’aimer toute leur vie. Lorsque Rune déménage et que les deux protagonistes perdent contact pendant deux ans, je pensais enfin que le récit allait prendre une direction plus intéressante. Pourtant, j’ai trouvé la suite extrêmement prévisible.
Mon principal problème avec ce roman reste son histoire d’amour. Je l’ai trouvée beaucoup trop idéalisée et, surtout, très peu crédible. J’ai eu l’impression que tout reposait sur une surenchère permanente de déclarations d’amour, de grands gestes romantiques et de promesses éternelles. À force d’en faire toujours plus, je n’ai jamais réellement cru à leur relation. J’ai trouvé qu’elle manquait de profondeur et de nuances.
J’ai également eu beaucoup de mal avec Rune. Son évolution vers le cliché du « bad boy » après leur séparation ne m’a absolument pas convaincue. Quant à Poppy, je l’ai trouvée bien plus attachante, même si son personnage manque parfois de nuances. Chacun cherche constamment à sauver l’autre, blablabla. Un schéma que je commence à trouver assez répétitif dans ce genre de romance.
J’ai aussi regretté le manque de différenciation entre les deux narrateurs. L’alternance des points de vue est une bonne idée, mais je n’ai jamais eu l’impression de lire deux personnages différents. Ils s’expriment de la même manière, ont les mêmes réflexions et la même façon de penser. Cela rend les voix peu distinctes et m’a empêchée de réellement m’attacher à eux.
La plume de Tillie Cole est fluide et la lecture se fait très rapidement, mais j’ai trouvé le style particulièrement répétitif. Certaines scènes ou certains gestes reviennent très souvent, ce qui finit par alourdir le récit. De la même manière, plusieurs éléments m’ont semblé peu crédibles, notamment certaines surprises organisées par Rune, qui m’ont paru difficilement réalisables pour un adolescent.
Le roman aborde pourtant un sujet particulièrement difficile, mais je dois reconnaître que je n’ai ressenti zéro d’émotions tout le long de ma lecture. Là où beaucoup parlent d’un livre bouleversant, je suis restée totalement extérieure à ce que vivaient les personnages. Les moments censés être les plus forts ne m’ont pas touchée et je n’ai pas ressenti l’émotion que l’autrice cherchait à transmettre.
J’ai également été dérangée par certains messages véhiculés au fil du récit, notamment cette idée récurrente qu’il faudrait retenir ses larmes ou ne pas montrer sa tristesse. J’aurais préféré un message davantage tourné vers l’acceptation des émotions et l’importance de les exprimer.
Enfin, même si l’intrigue repose sur une épreuve particulièrement difficile, j’ai trouvé qu’elle ne suffisait pas à donner de la profondeur à l’ensemble. En dehors de cet élément central, le récit reste finalement assez linéaire et manque, selon moi, de nuances et de véritable évolution.
Au final, malgré une lecture rapide, je suis complètement passée à côté de ce roman. Je comprends pourquoi il peut toucher de nombreux lecteurs, mais de mon côté, je n’ai ressenti ni l’émotion promise, ni l’attachement aux personnages. Une lecture qui n’était tout simplement pas faite pour moi.
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